Le maire RN de Fréjus David Rachline le 30 septembre 2025 à Draguignan ( AFP / Miguel MEDINA )
Sitôt relaxé dans une affaire de "prise illégale d'intérêts", le maire RN de Fréjus, David Rachline, a officialisé mardi sa candidature aux municipales depuis le tribunal, lieu symbolique au moment où Marine Le Pen joue son avenir devant la justice.
"Je me bats depuis plusieurs mois pour défendre mon honnêteté, ma probité. Aujourd'hui, elle est clairement avérée. Et j'en suis très heureux. C'est dans ce cadre, d'ailleurs, que je me lance dans cette campagne électorale, de la manière la plus sereine qu'il soit", lance-t-il en sortant de la salle d'audience.
L'élu de 38 ans, qui brigue un troisième mandat, avait été jugé en septembre au sujet des conditions de sa nomination à la tête de deux sociétés d'économie mixte, Fréjus Aménagement et Gestion du port de Fréjus, postes qui lui ont permis de toucher une rémunération supplémentaire d'environ 1.000 euros par mois en moyenne.
En septembre prochain, il sera à nouveau jugé, pour favoritisme cette fois-ci.
"Je pense que c'était important, parce qu'une fois que les débats ont eu lieu, nous avons eu l'occasion de démontrer tout cela, loin du barnum, du bruit médiatique parisien, qui s'y connaît moins que nous, dans les réalités concrètes du territoire, et surtout de mon action", a ajouté David Rachline, prenant soin de préciser qu'il se lançait, comme en 2020, sans l'étiquette RN.
Le maire de Fréjus David Rachline le 30 septembre 2025 à Draguignan ( AFP / Miguel MEDINA )
Il présentera les grandes lignes de sa campagne lors d'une réunion publique samedi.
Le choix du lieu pour une annonce de candidature a de quoi surprendre. Mais il est symbolique au moment où Marine Le Pen ou d'autres comme le maire de Perpignan Louis Aliot, l'autre ville RN de Méditerranée, jouent leur avenir politique au procès en appel des assistants parlementaires d'eurodéputés.
En décembre, David Rachline avait annoncé renoncer à la vice-présidence du RN "pour éviter que les accusations médiatiques portées à (son) encontre ne soient utilisées de façon malveillante pour nuire à la dynamique" du parti d'extrême droite.
- Marchés publics douteux -
Conseiller municipal à 20 ans, maire et sénateur à 26, directeur de campagne de Marine Le Pen pour la présidentielle de 2017, M. Rachline a vu son étoile pâlir au sein du parti avec la sortie fin 2023 du livre "Les Rapaces" de Camille Vigogne Le Coat, attaque virulente de divers aspects de son action assortie d'accusations d'arrangements avec un puissant entrepreneur local de BTP.
David Rachline et une poignée de collaborateurs, anciens ou actuels, sont convoqués le 22 septembre devant ce même tribunal correctionnel de Draguignan, soupçonnés d'avoir favorisé la société de sécurité d'un proche du maire dans l'attribution de marchés publics pour la sécurité de la mairie, de l'office de tourisme ou encore du centre de vaccination contre le Covid-19.
Selon Le Nouvel Obs, ces contrats portent sur un total de 263.000 euros. Et dans cette affaire, M. Rachline a passé deux jours en garde à vue fin novembre, ce qui a probablement précipité son choix, poussé par Marine Le Pen, de renoncer la semaine suivante à ses responsabilités au RN.
De "pures inventions", répète M. Rachline, qui poursuit la journaliste en justice. Le Parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête pour corruption.
S'agissant du dossier du jour, la justice le soupçonnait d'avoir influé sur les délibérations du conseil municipal où ses nominations ont été validées, entre 2017 et 2020, en restant présent lors des votes qui ont eu lieu le plus souvent à main levée.
"Je n'ai jamais voulu faire de pression particulière", avait assuré à l'audience le maire, expliquant qu'il faisait alors confiance à son directeur des services pour lui signaler les délibérations où il devait quitter la salle.
Le parquet avait requis sa condamnation à une amende de 30.000 euros dont 20.000 avec sursis, proposant que la peine complémentaire d'inéligibilité soit limitée à un an et éventuellement assortie du sursis. Contacté par l'AFP, le procureur a indiqué ne pas avoir encore décidé d'un éventuel appel. Il a dix jours pour le faire.

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